On est bien au bar. Vous savez, ce bar sans âge, avec ses chaises en bois rayées par les boutons en ferraille de milliers de 501, ses tables branlantes parce que maintes fois déplacées, branlantes aussi parce qu'on le deviendra tous un peu passé la soixantaine. Ce bar au comptoir métallique témoin de tournées sans fond, de confidences douloureuses, de débats passionnés au fil de l'agenda politique des 6 derniers mandats présidentiels. Témoin aussi de quelques bagarres, conséquences de quelques gestes déplacés ou d'un regard en biais... un peu trop direct. Ce bar, il se fiche de Coste, il se fiche des tendances, il a ses habitués. Des locaux, bien sûr, mais aussi les gens de passage qui viennent le voir, lui précisément, parce qu'ils savent quelles sont ses règles. Ils les connaissent forcément, ils ont le même rade en bas de chez eux, dans les arrondissements d'à côté. Là-bas aussi, il y a une Mireille ou une Jacky, la cinquantaine bien tassée, le verbe haut et le coude en angle droit, toujours prolongé d’un Chablis village. Elle fait remarquer encore une fois au patron combien le quartier a changé, comme "c'était mieux avant". Lui est d'accord, et d'ailleurs son avis compte forcément, ça fait 30 ans qu'il astique des verres le regard fixé vers l'extérieur. Il l'a vu changer le quartier. Dans son rade, là-bas, lui aussi à son Francis ou son Kader. Silencieux, le bonhomme, lui ne regarde que la litanie incessante des tirages de Rapido. Faut pas le déranger, l'est "concentré" qu'il dit. On a bien essayé de lui faire comprendre que le Rapido, c'est une arnaque, mais rien n'y fait. "Occupe-toi de ton godet", qui répond. Les bons jours, il va aligner plus de cinq mots pour répondre que son collègue, "c'est 30 000 francs" qu'il avait gagné au Loto, un jour. Et que "ça c'est pas des conneries", qu'il aura aussi sa chance un jour. Un jour. C'est aussi ça le bistro, une part de rêve qu'on vise ou que l'on abandonne sur le comptoir. Que l'on réalise ? Rarement, mais tout dépend du rêve. Le mien, c'est juste de passer de bons moments entre copains. Merci les bistros de réaliser mes rêves. Longue vie à vous.
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3 août 2011
Bistro makes my dreams come true
On est bien au bar. Vous savez, ce bar sans âge, avec ses chaises en bois rayées par les boutons en ferraille de milliers de 501, ses tables branlantes parce que maintes fois déplacées, branlantes aussi parce qu'on le deviendra tous un peu passé la soixantaine. Ce bar au comptoir métallique témoin de tournées sans fond, de confidences douloureuses, de débats passionnés au fil de l'agenda politique des 6 derniers mandats présidentiels. Témoin aussi de quelques bagarres, conséquences de quelques gestes déplacés ou d'un regard en biais... un peu trop direct. Ce bar, il se fiche de Coste, il se fiche des tendances, il a ses habitués. Des locaux, bien sûr, mais aussi les gens de passage qui viennent le voir, lui précisément, parce qu'ils savent quelles sont ses règles. Ils les connaissent forcément, ils ont le même rade en bas de chez eux, dans les arrondissements d'à côté. Là-bas aussi, il y a une Mireille ou une Jacky, la cinquantaine bien tassée, le verbe haut et le coude en angle droit, toujours prolongé d’un Chablis village. Elle fait remarquer encore une fois au patron combien le quartier a changé, comme "c'était mieux avant". Lui est d'accord, et d'ailleurs son avis compte forcément, ça fait 30 ans qu'il astique des verres le regard fixé vers l'extérieur. Il l'a vu changer le quartier. Dans son rade, là-bas, lui aussi à son Francis ou son Kader. Silencieux, le bonhomme, lui ne regarde que la litanie incessante des tirages de Rapido. Faut pas le déranger, l'est "concentré" qu'il dit. On a bien essayé de lui faire comprendre que le Rapido, c'est une arnaque, mais rien n'y fait. "Occupe-toi de ton godet", qui répond. Les bons jours, il va aligner plus de cinq mots pour répondre que son collègue, "c'est 30 000 francs" qu'il avait gagné au Loto, un jour. Et que "ça c'est pas des conneries", qu'il aura aussi sa chance un jour. Un jour. C'est aussi ça le bistro, une part de rêve qu'on vise ou que l'on abandonne sur le comptoir. Que l'on réalise ? Rarement, mais tout dépend du rêve. Le mien, c'est juste de passer de bons moments entre copains. Merci les bistros de réaliser mes rêves. Longue vie à vous.
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26 juil. 2011
18 mars 2011
Le pot pourri
Outre mon activité principale de chieur notoire, j’exerce dans la vie civile une profession beaucoup plus conventionnelle. Dans-le-cadre-de-laquelle je reçois régulièrement des communiqués de presse. voici celui que j’ai reçu ce jour :
“ En ces heures noires et pleines de gravité, xxxxxx présente sa collection de gadgets humoristiques et totalement décalés pour décompresser un peu. Il n’y a pas d’âge pour s’amuser ni d’heure pour faire une blague ou offrir un objet un peu fun, original et complètement inattendu aux personnes que l’on apprécie, rien de mieux que les produits xxxxxxx pour surprendre des amis ou la famille, à n’importe quel moment de l’année.
Je me permets quelques remarques :
- Où est l’humour ?
- Il y a beaucoup de choses crades sur ce blog, mais aucune ne l’est autant que cette référence à l’actualité, “ces heures noires et pleines de gravité”. La situation est grave, mais soufflez deux minutes, buvez un café dans une tasse en forme de chiottes, servez-vous un ptit M&Ms ou mangez une glace aux allures de merde ! Allez allez, ça va aller mieux.
- “délicaFesse”, en fin de paragraphe. Je ne sais pas si c’est voulu mais si c’est le cas, c’est navrant.
- Mais, mais, putain, où est l’humour ?
Je ne sais pas quoi faire pour soulager les japonais de leur peine, et j’enrage. Voyez ceci comme ma maigre contribution.
PS : xxxxxx, c’est jeveuxça.fr. Merci de ne pas leur rendre visite.
“ En ces heures noires et pleines de gravité, xxxxxx présente sa collection de gadgets humoristiques et totalement décalés pour décompresser un peu. Il n’y a pas d’âge pour s’amuser ni d’heure pour faire une blague ou offrir un objet un peu fun, original et complètement inattendu aux personnes que l’on apprécie, rien de mieux que les produits xxxxxxx pour surprendre des amis ou la famille, à n’importe quel moment de l’année.
Le pot toilettes : pas pour faire popo
Original et drôle, ce pot/mug/bol… appelons-le directement « récipient », surprend et interpelle. Complètement décalé et en forme de WC, ce pot est totalement multi-usage : pour le petit-déjeuner, pour le dessert, pour la pâtée de toutou ou pour faire pousser de jolies plantes (et pourquoi pas ajouter de l’engrais naturel pour rester dans le même esprit)… Petite information intéressante : cet objet est peint à la main avec la plus grande délicafesse. Dimensions : 15 x 11,5 x 14 cm. Contenance : 33 cl (environ) Prix TTC : 13,80 €.”Je me permets quelques remarques :
- Où est l’humour ?
- Il y a beaucoup de choses crades sur ce blog, mais aucune ne l’est autant que cette référence à l’actualité, “ces heures noires et pleines de gravité”. La situation est grave, mais soufflez deux minutes, buvez un café dans une tasse en forme de chiottes, servez-vous un ptit M&Ms ou mangez une glace aux allures de merde ! Allez allez, ça va aller mieux.
- “délicaFesse”, en fin de paragraphe. Je ne sais pas si c’est voulu mais si c’est le cas, c’est navrant.
- Mais, mais, putain, où est l’humour ?
Je ne sais pas quoi faire pour soulager les japonais de leur peine, et j’enrage. Voyez ceci comme ma maigre contribution.
PS : xxxxxx, c’est jeveuxça.fr. Merci de ne pas leur rendre visite.
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